La yourte, la tiny house, la roulotte… Ces habitats alternatifs séduisent de plus en plus de Néo-Aquitains. À Marval, Jeanine et Daniel montrent que l’écologie peut aussi être un art de vivre.
Et si on déménageait dans une yourte ?
À force, vous connaissez la chanson. Notre mode de vie moderne a bien souvent un impact négatif sur l’environnement. Et le logement ne fait pas exception. Vous voulez construire une maison ? Sachez que le bâtiment est le premier secteur consommateur d’énergie en France : il est responsable de près de 25 % des émissions de gaz à effet de serre, notamment à cause des matériaux utilisés.
Et ça ne s’arrange pas une fois que la maison est sortie de terre. L’électroménager, la micro-informatique, l’audiovisuel… Selon l’Ademe, la consommation d’électricité des petits appareils électroménagers a doublé en 20 ans. Comment faire pour que son logement soit respectueux de l’environnement ?
Seriez-vous prêts à abandonner votre maison ou votre appartement en dur pour un habitat plus… léger ? Vous en doutez, l’habitat léger n’a en fait rien à voir avec son poids.
Pour être reconnu « léger », l’habitat doit suivre 3 grands critères : il doit être démontable ou mobile ; sa mise en place ne doit pas nécessiter d’engins lourds ; et enfin le raccordement à l’eau et à l’électricité ne doit pas engendrer de dépenses supplémentaires pour la collectivité locale
Il peut donc s’agir d’une tiny house — une petite maison écologique en bois. Mais aussi d’une roulotte ou encore d’une yourte. Parmi les habitats légers on compte aussi les caravanes, les cabanes, les chalets démontables, etc. En France on estime qu’entre 100 000 et 500 000 personnes vivent dans un habitat dit léger.
Et parmi tout ce petit monde, il y a Jeanine et Daniel qui vivent dans une yourte à Marval (Haute-Vienne).

Un sujet tiré de l’émission PopEx « L’habitat ne fait pas le moine » (France 3 Nouvelle-Aquitaine), incarné par Hermine Costa.
Comment vous est venue l’idée de vivre dans une yourte ?
Jeannine : On a toujours été très proches de la nature et moi j’avais envie d’une vie plus en harmonie avec elle. Je voulais essayer d’être la plus attentionnée possible par rapport à cette belle nature. Mais c’était avant tout une motivation écologique : l’idée c’était aussi d’éviter de détruire, d’abîmer et de laisser des traces néfastes pour les générations futures.
Daniel : Oui parce qu’avec l’habitat léger comme la yourte a une empreinte carbone bien inférieure à un habitat plus classique.
Alors, racontez-moi en quoi c’est moins polluant.
Daniel : Eh bien déjà rien que les matériaux utilisés. Ici on est sur des matériaux nobles comme le bois ou la laine de mouton. Dans l’habitat classique, on va plus être sur du béton…
Jeanine : Et en plus de ça, nous, dans notre vie quotidienne, on essaie d’être le plus autonome possible. Par exemple, on a notre propre électricité grâce au solaire et à l’éolien. On se chauffe grâce à notre poêle à bois aussi. Donc que du naturel !
Mais c’est pas parfois un peu rude cette vie ? Je veux dire : plus de petits films le dimanche soir, pas d’internet, etc.
Daniel : C’est sûr que c’est un changement radical et qu’il faut faire une croix sur certains « plaisirs » du monde moderne. Mais honnêtement on s’en passe très bien. On est dans une vie plus vraie comme ça et on se rend compte que tous ces soi-disant plaisirs sont finalement assez futiles. En tout cas on ne reviendrait pour rien au monde à notre ancien mode de vie !
En fait votre mode de vie ne se limite pas juste à une yourte, il y a toute une philosophie d’autonomie derrière, on dirait.
Jeanine : Exactement ! Notre objectif c’est de tendre vers une autonomie complète pour plusieurs raisons. La première est écolo : on ne dépend plus de la modernité qui est très polluante et la deuxième est politique et philosophique. Quand on est autonome, on est libre et on dépend de rien ni de personne.