9 Français sur 10 se disent « préoccupés par la préservation de la biodiversité ». Mais une fois ce constat posé, que peut-on faire ? Découvrir comment les sciences participatives transforment les citoyens en acteurs de la biodiversité.
Tout le monde peut aider les scientifiques à comprendre les impacts du changement climatique. C’est ce qu’on appelle les sciences participatives. Vigie-nature, birdlab, les herbonautes… En 2021, plus de 120 000 citoyens ont contribué à un programme de sciences participatives en biodiversité en France. Pas besoin d’être un expert ou un militant de l’écologie : juste de collecter des informations, près de chez vous, et les transmettre aux scientifiques
Un programme de science participative est un programme en partenariat entre des observateurs et un organisme scientifique pour observer et étudier un phénomène.
Les citoyens sont ainsi mis à contribution pour collecter un grand nombre de données, difficile à obtenir par d’autres moyens.
Des données comme celles qui sont collectées sur le bassin d’Arcachon. Avec Christophe Heurtaux, coordinateur du projet « Les sentinelles de la mer », nous allons découvrir les hippocampes et le principe des sciences participatives. Un projet porté par l’Observatoire participatif de la Biodiversité Marine de Ocean’Obs.

Un sujet tiré de l’émission PopEx « Ensemble, on va plus loin » (France 3 Nouvelle-Aquitaine), incarné par Ana Hadj-Rabah.
Qu’est-ce que vous faites avec le projet sentinelles de la mer ?
On recense les hippocampes du bassin d’Arcachon. Ici, il y a la plus grande concentration d’hippocampes en France. Et entre les interventions humaines et le changement climatique, ils sont de moins en moins nombreux.
Et comment vous faites, concrètement, pour aider à ce recensement ?
On forme des plongeurs amateurs à observer la biodiversité. Et pendant les plongées, on remplit des fiches d’observation afin de déterminer les espèces, sexes, tailles, biotopes. C’est une fiche avec des informations à remplir en sortie de plongée et qui ne demande pas beaucoup d’anticipation, pas beaucoup de réflexion sous l’eau, à part savoir compter, en quelque sorte, et puis reconnaître les quelques espèces, d’où la formation en amont.
Ces fiches sont ensuite envoyées à Océan’Obs pour analyse et diffusion aux scientifiques et à l’Agence des Aires marines protégées.

Et n’importe qui peut le faire ?
Alors, il faut savoir plonger quand même. Dans l’association, on a quelques plongeurs professionnels. Et pour enrichir les données acquises par ces plongeurs pros, on fait appel à des plongeurs de loisirs.
Et les gens sont motivés pour participer à la protection de la biodiversité et aux sciences participatives ?
Les gens ont été vite réceptifs. Le besoin de connaissance était là, l’envie des plongeurs de s’investir sur leur territoire était là. En fait, l’intérêt que les citoyens s’y mettent c’est qu’ils soient parties prenantes de l’acquisition des connaissances sur leur territoire, sur le parc marin. Parce que ce parc marin, il a vocation à maintenir ce bassin d’Arcachon en bon état. Et donc c’est un outil de gestion l’environnement marin. Et les plongeurs, eux, sont des consommateurs de loisirs, mais pas que. Et puis, ça me paraissait naturel de faire participer ces citoyens à la science, à la connaissance.
