Pour le Clos des Renardises, le renard n’est pas un nuisible, mais un auxiliaire précieux. À Douzillac, Carine Gresse milite pour une faune locale mieux comprise.
S’il y a bien un animal sauvage mal aimé, c’est le renard. Mangeur de poules, porteur de la rage… Sa mauvaise réputation lui colle à la fourrure. Le renard est ainsi inscrit sur la liste des animaux classés en ESOD, pour « espèce susceptibles d’occasionner des dégâts ». Une classification qui autorise sa chasse toute l’année. Et en comptant les renards morts sur la route, les associations estiment ainsi qu’entre 600 000 et un million d’entre eux sont tués chaque année.
Le Clos des Renardises : en terminer avec les clichés
À Douzillac, en Dordogne, Carine Gresse a décidé de tordre le cou aux idées reçues sur le renard roux. Cette amoureuse des animaux a créé le refuge « le Clos des Renardises », un lieu qui accueillera son premier renard en mars : une femelle venue de l’Hérault qui a subi un accident de voiture. « Elle a des problèmes visuels et ne peut plus vivre dans la vie sauvage », explique Carine Gresse.

Assistante vétérinaire pendant vingt ans en Belgique, elle rejoint le centre de soin de la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) à Audenge dès son arrivée dans la région. Là, elle apprend que le renard est classé ESOD en France, alors qu’il ne l’est pas en Belgique. Une idée née en janvier 2020 : ouvrir son propre refuge. « Je trouvais le regard sur le renard très injuste, alors qu’il peut être très utile pour les humains » confie-t-elle.
En effet, le renard se nourrit à 75% de campagnoles, des petits rongeurs qui rendent la vie infecte aux agriculteur·ices. « Il y a de plus en plus d’agriculteurs de la région qui intègrent le renard à leurs productions biologiques », explique Carine. L’animal devient alors un auxiliaire naturel : il régule les rongeurs et peut ainsi faire économiser entre 1 000 et 2 400 euros par an aux agriculteur·ices.
Une alternative à l’euthanasie des renards
Le Clos des Renardises n’est pas un centre de soin pour la faune sauvage. Les renards ne seront pas prélevés directement dans la nature, ni élevés en captivité. Le refuge travaille tout de même avec les centres de soins de toute la France : ils envoient à Carine les renards ne pouvant revenir à l’état sauvage. « Ce sont souvent ceux qui ont eu des accidents de la route et qui gardent de très lourds handicaps. »

Sur les 800 000 m² du domaine, Carine a décidé d’accueillir uniquement six renards et précise que « si l’un d’entre eux montre qu’un retour à la vie sauvage est possible, on le renvoie en centre de soin pour qu’ils puissent l’examiner et le relâcher ».
Si le refuge est fermé au public, Carine tient à redorer la réputation de l’animal à travers des ateliers de sensibilisation. Elle intervient dans les écoles de la région pour « revaloriser l’image des animaux ESOD dont le renard est l’emblème ».