À Pau, l’association Pistes Solidaires lance six vidéos pour sensibiliser aux dangers de la prostitution des mineurs. Un phénomène qui touche aussi les petites villes du Béarn.
En novembre, l’association Pistes Solidaires à Pau a lancé une série de six vidéos sur la prostitution des mineurs dans le cadre de son projet JERICHO. Réalisées par l’illustrateur local Prisme Vert, ces capsules visent à sensibiliser le public à cette réalité qui touche de plus en plus de jeunes filles.
« Je l’ai fait qu’une fois mais c’était celle de trop », « Je n’ai plus le choix, je suis forcée », « Quand on commence ce genre de choses c’est difficile de s’en sortir ». Le projet est basé sur des témoignages réels de jeunes filles ayant vécu des situations liées à la prostitution. Parmi elles, des adolescentes de Mauléon, Pau et Biarritz.
« L’objectif était de partir de témoignages authentiques pour refléter la diversité des parcours », explique Mathieu Deck, directeur de Pistes solidaires. « Introduire le sujet par des histoires c’est aussi une manière de toucher plus de monde. La prostitution des mineurs c’est un sujet qui remue, ça fait peur car ça touche des enfants et que ça parait très obscur. Pour autant cette peur ne doit pas donner lieu à un tabou. »
Un phénomène qui ne s’arrête pas aux portes des grandes villes
Pourquoi Pau ? « Pourquoi pas ? La prostitution des mineurs touche tout le monde, peu importe l’endroit, que ce soit dans les grandes villes ou les petites communes comme Orthez ou Mauléon. On a souvent tendance à penser que ce phénomène se produit uniquement dans les grandes agglomérations. Mais en réalité, le seul facteur commun que l’on observe pour l’instant c’est la vulnérabilité psychologique des victimes », précise Mathieu Deck.

Pour toucher directement les jeunes, Pistes solidaires a misé sur une forte présence sur les réseaux sociaux, notamment Instagram et TikTok. « Nous avons été contactés sur TikTok par une jeune fille qui nous a parlé de sa propre expérience. Cela fait partie de notre travail d’écoute et d’orientation vers les structures d’aide », souligne Mathieu Deck.
30 % des jeunes concerné·es : le chiffre qui fait tomber les certitudes
Le projet a également eu un impact concret : « Une policière nous a contactés pour aider une jeune fille de 13 ans qui se prostitue. C’est souvent difficile pour les acteurs de terrain de savoir comment réagir face à de telles situations. Notre campagne est là pour insuffler un mouvement de ce côté-là également. »
Les vidéos ne se contentent pas d’être diffusées sur les réseaux sociaux, elles sont aussi utilisées lors d’ateliers dans les établissements scolaires et les Maisons des Jeunes et de la Culture (MJC) de la région. L’objectif est de faire réfléchir les jeunes sur des sujets souvent tabous, comme la sexualité et les violences sexuelles. « Ce qui est frappant, c’est qu’au début, les jeunes sont souvent gênés d’aborder ces sujets. Mais à la fin, beaucoup d’entre eux reconnaissent des situations qu’ils ont vécues ou observées et nous laissent leurs coordonnées », témoigne Mathieu Deck. Selon l’association, après avoir visionné les capsules, 30 % des jeunes admettent que le sujet les touche personnellement.