Élizabeth Faure, architecte retraitée, a construit sa maison pour 40 000 euros. Depuis, l’histoire de « La Maison en A » est devenue un mouvement collectif.
Construire sa maison soi-même pour 40 000 euros. Pas une cabane de jardin. Une vraie maison, avec des fondations, des murs, un toit… et une forme en A devenue iconique. C’est le pari fou qu’a réussi Élizabeth Faure, retraitée, dans une région où les prix de l’immobilier ont flambé. Alors que devenir propriétaire en Nouvelle-Aquitaine relève du parcours du combattant pour qui n’a ni apport ni salaire de cadre, cette femme a choisi une autre voie : l’auto-construction. Et elle n’a pas gardé le secret pour elle.
Un sujet tiré de l’émission PopEx « L’habitat ne fait pas le moine» (France 3 Nouvelle-Aquitaine), incarné par Laurent Target.
Construire sa maison soi-même
Devenir propriétaire. 9 Français sur 10 en rêvent. Mais en Nouvelle-Aquitaine, cela n’est pas toujours évident. Le prix du mètre carré a tendance à augmenter. Beaucoup. Dans presque tous les départements, le prix de l’achat immobilier grimpe en flèche, avec un record pour les métropoles de la Région. En 20 ans, les prix de l’immobilier ont augmenté de 131,7 % à Poitiers, de 225 % à La Rochelle… et 329 % à Bordeaux.
Dans ces conditions, comment vivre dans sa propre maison, quand on n’a pas d’apport et qu’on n’est pas un CSP+ ? Une architecte retraitée a trouvé la solution : construire soi-même sa maison.

Elizabeth Faure a construit sa maison pour seulement 40 000 euros. Vous voudriez faire comme elle ? Ça tombe bien, avec Morgane Launey, elles mettent tout à disposition dans des tutos.
Direction Lusignac, en Dordogne. Dans ce sujet, Laurent part à la rencontre d’Élizabeth, mais aussi de Morgane Launey, une documentariste qui a transformé le projet intime d’Élizabeth en véritable communauté basée sur l’entraide et la transmission des savoirs d’Élizabeth.
Une maison pour les « fauchés »
Elizabeth Faure a une formation d’architecte, mais revendique avoir toujours travaillé « pour les pauvres ». Élizabeth, n’ayant pas les moyens de devenir propriétaire par la voie classique, a donc décidé d’utiliser ses compétences pour créer les plans d’une maison, facile à construire et économique. Cela a donné une construction avec une forme particulière et maintenant emblématique : une maison en forme de « A ».

Un chantier en documentaire
Morgane Launey, alors petite fille, rencontre Élizabeth dans une librairie en 1995. Une amitié indéfectible voit alors le jour. 20 ans plus tard, alors qu’Élizabeth s’apprête à commencer la construction de sa maison, Morgane décide de la suivre au jour le jour. Un journal vidéo sans phare, qui montre toutes les difficultés de construire une maison seule, des fondations au toit ; mais il montre aussi l’immense succès d’Élizabeth, qui vit aujourd’hui dans sa maison.
Un documentaire devenu une communauté
Élizabeth veut montrer que « on peut être pauvre, mais on n’est pas obligé de vivre dans la misère. Mais tu ne peux pas dire aux gens “faites-le’ si tu ne l’as pas fait. » Et Élizabeth l’a fait. En 2020, la chaîne YouTube d’une célèbre marque de bricolage poste une vidéo sur Élizabeth et sa maison. Diffusée pendant le confinement, elle est regardée par des centaines de milliers de personnes. Elizabeth les inspire ; les demandes affluent : on veut des conseils, des renseignements… Il y a même trop de demandes.

Le film documentaire « La Maison en A » devient ainsi un outil de transmission, avant de devenir carrément une association. Élizabeth et Morgane décident de lancer une campagne de crowdfunding pour réaliser des vidéos de tuto. Le succès est immédiat. Aujourd’hui, elle met à disposition gratuitement ses plans et ses conseils à toutes celles et ceux qui voudraient faire comme elle.
Aujourd’hui, 158 de projets de « maison en A » sont lancés en France, dont une vingtaine rien qu’en Nouvelle-Aquitaine.