Épisode 13
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Vendredi 4 décembre 2020
par Sevan Hosebian-Vartanian
Sevan Hosebian-Vartanian
Originaire de la Drôme, Sevan Hosebian-Vartanian a rejoint le Sud-Ouest pour intégrer l'Institut de journalisme Bordeaux Aquitaine (Ijba) en 2019. En alternance à Far Ouest pour l'année, ses sujets de prédilection sont les problématiques sociétales et les questions religieuses.

La communauté arménienne bordelaise est discrète, mais très active. Encore plus depuis la reprise des tensions au Haut-Karabakh. Une nouvelle association a vu le jour il y a quelques semaines en réponse à cette crise politique et militaire : l’Union Franco-Arménienne de la Nouvelle-Aquitaine. (UFA) Elle coordonne et organise l’aide humanitaire depuis Bordeaux. Nous avons rencontré son président : Robert Nersessian, qui nous a parlé de la communauté arménienne de la région et des raisons de l’attachement de la diaspora arménienne à l’Arménie et au Haut-Karabakh, ce territoire aussi grand qu’un département français.

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Le Haut-Karabakh (appelé Artsakh par les Arméniens en référence à la 10e province du royaume d’Arménie) est un territoire historiquement peuplé à majorité par les Arméniens, situé selon le droit international en Azerbaïdjan. À l’origine, le Haut-Karabakh fait partie des 15 provinces historiques du royaume d’Arménie. Annexé en 1805 par l’Empire russe, l’Arménie et l’Azerbaïdjan se disputent le territoire dès la fin de la révolution russe de 1917.

Après la Première Guerre mondiale, les Britanniques commandant la région décident de nominer un gouverneur azéri. Des massacres d’Arméniens ont alors lieu dès 1919. En février de la même année, les représentants de la région acceptent temporairement l’autorité azerbaïdjanaise, espérant que la question soit définitivement tranchée — cela n’arrivera pas — lors de la conférence de paix de Paris. L’Azerbaïdjan et l’Arménie sont ensuite soviétisés.

Staline décide de passer le Haut-Karabakh sous giron azéri. L’enclave demande alors son rattachement à l’Arménie dès 1988. Finalement, le 2 septembre 1991, la République d’Artsakh proclame unilatéralement son indépendance, qui n’a jamais été reconnue par la communauté internationale. La chute de l’URSS trois mois plus tard exacerbera les tensions et les violences. De 1988 jusqu’à 1994, l’Azerbaïdjan d’un côté et l’Arménie et l’Artsakh de l’autre, se livrent à une guerre qui se solde par une victoire arménienne, sans toutefois de reconnaissance internationale de l’indépendance du Haut-Karabakh. Un cessez-le-feu fragile qui ne règle pas le conflit est signé en 1994.

En septembre 2020, 26 ans après cette première guerre, le conflit plus ou moins gelé reprend. L’Azerbaïdjan, voulant faire respecter ses frontières internationales et n’étant pas satisfait par les négociations qui n’aboutissent pas, brandit la menace militaire. Aidée par la Turquie, elle conquiert alors une partie du Haut-Karabakh. Le 9 novembre 2020, le Premier ministre arménien Nikol Pachinian signe un accord de fin des hostilités, marquant une victoire militaire de l’Azerbaïdjan et de son allié turc.

 Des membres de la communauté arménienne se sont réunis le 24 octobre 2020 place de la Comédie pour dénoncer le silence de la communauté internationale vis-à-vis du conflit dans le Haut-Karabakh.
Des membres de la communauté arménienne réunis le 24 octobre 2020 pour dénoncer le silence de la communauté internationale vis-à-vis du conflit dans le Haut-Karabakh — Matthieu Bardisbanian

La communauté arménienne est-elle nombreuse dans la région ?

Nous sommes entre 5 000 et 10 000 habitants d’origine arménienne en Gironde. Je pense qu’il n’y a aucune raison particulière à l’implantation de la communauté arménienne ici. À mon arrivée à Bordeaux en 2002, nous étions environ 300 Arméniens. En moins de 20 ans, la communauté s’est élargie, cela est sûr… Peut-être grâce à l’attractivité de Bordeaux ?

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Sevan Hosebian-Vartanian
Originaire de la Drôme, Sevan Hosebian-Vartanian a rejoint le Sud-Ouest pour intégrer l'Institut de journalisme Bordeaux Aquitaine (Ijba) en 2019. En alternance à Far Ouest pour l'année, ses sujets de prédilection sont les problématiques sociétales et les questions religieuses.
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