Épisode 10
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Mercredi 11 septembre 2019
par Gabriel TAÏEB
Gabriel TAÏEB
Jeune journaliste pigiste et rédacteur web, je travaille notamment pour Objectif Méditerranée, les Mots de Mai et le Journal du Dimanche. Avant cela, j'ai aussi pu collaborer avec Radio Campus Bordeaux et Bordeaux Gazette. Travaillant sur des sujets très divers, je m'intéresse particulièrement aux domaines de la santé, de l'autoritarisme et de la culture culinaire.

Très médiatisé, mais encore peu reconnu, le burn-out toucherait aujourd’hui plus les femmes que les hommes. Créée pour accompagner et sensibiliser, l’association L’Burn propose ‘‘d’enfiler les lunettes du genre’’ sur cette question.

Le 28 mai 2019, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a officiellement reconnu le burn-out comme un « phénomène lié au travail », lui accordant ainsi une plus grande importance et peut-être une meilleure prise en charge. À l’heure actuelle, le burn-out n’est pas reconnu par l’organisme comme une maladie, contrairement aux attentes de multiples associations. Néanmoins, cette classification n’empêche pas une éventuelle prise en charge par l’Assurance Maladie selon certaines conditions.

De manière générale, l’origine des discordes autour du burn-out porte sur la définition de celui-ci, la prévention des risques, la prise en compte de tous les facteurs, et l’accompagnement.

J’avais fini par admettre de façon totalement irrationnelle que j’allais mourir de fatigue au travail.

Mais c’est également dans ce cadre très théorique que se jouent des histoires humaines et personnelles, ainsi que de véritables enjeux sociaux. C’est en tout cas ce que souhaite mettre en avant Anne-Sophie Vives, fondatrice du collectif Les Burn’ettes et de l’association L’Burn. Rencontrée dans un café bordelais, l’ancienne notaire de 37 ans raconte son histoire avec aplomb et bienveillance.

Le burn-out au féminin

« Il y a deux ans, j’ai fait mon propre burn-out. J’étais notaire assistant depuis 10 ans, j’avais deux enfants en bas âge. Je travaillais sans relâche, sans compter mes heures, tout en m’occupant tant bien que mal de ma famille. Mon corps me lançait de partout, mais je n’avais pas le choix, je devais tenir. J’avais fini par admettre de façon totalement irrationnelle que j’allais mourir de fatigue au travail. Et après l’annonce d’un énième problème de santé, c’était trop. J’ai perdu la mémoire immédiate. J’ai explosé en plein vol. Je suis passé de Superwoman à Superlooseuse, du jour au lendemain. J’étais clouée dans mon canapé, et me suis sentie vraiment seule face à l’incompréhension et l’impuissance de mes proches. C’est à ce moment-là que j’ai pu constater la prise en charge complètement lacunaire du burn-out. » C’est ainsi qu’Anne-Sophie raconte la genèse de son projet.

Après avoir surmonté sa propre expérience, elle a souhaité monter un groupe à destination des femmes victimes de burn-out : la communauté des Burn’ettes. Depuis, le projet n’a cessé de croître et d’évoluer.

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Gabriel TAÏEB
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