88% des Français changent de téléphone portable alors que le leur fonctionne toujours. Et ça, c’est bel et bien de l’obsolescence programmée. On l’appelle l’obsolescence psychologique.
Lorsqu’il est question d’obsolescence programmée, nous songeons immédiatement à l’obsolescence technique ou logicielle. Celle qui use et abuse de l’objet en lui-même pour réduire sa durée de vie. Mais que faire lorsque le problème vient de nous ? C’est ce que l’on appelle l’obsolescence psychologique.
Un phénomène accentué par la publicité : on a toujours besoin de nouveaux objets, toujours plus beaux, toujours plus performants. Ce n’est plus l’objet qu’il faut alors réparer : c’est tout notre rapport à la technologie qu’il faut changer.
Pour découvrir ce que cela veut dire, nous avons rendez-vous avec un spécialiste des low tech, Romain Tourte.
Un sujet tiré de l’émission PopEx (France 3 Nouvelle-Aquitaine), incarné par Hermine Costa.
C’est quoi les low tech ?
Leslow tech ce sont des technologies qui sont un peu à l’opposé des high tech. Pour être low tech, un objet par exemple, doit pouvoir se fabriquer n’importe où, répondre à des besoins primaires, c’est-à-dire la nourriture, le logement, la santé… C’est une technologie open source : on peut trouver les plans et les instructions pour la reproduire sur internet. C’est une technologie qui répond aux enjeux de demain : le manque d’énergie, de pétrole, la pollution…
Donc, si je veux changer ma vision des technologies, il faut que j’apprenne à faire du feu ?
L’idée c’est pas de revenir à la bougie, c’est d’employer les principes du passé et de se les approprier avec nos moyens actuels. C’est utiliser les bonnes idées du passé. Comme par exemple utiliser de la paille pour isoler les murs d’une maison.
Typiquement, La Rochelle est le coin le plus ensoleillé de France. Si tout le monde avait un four solaire, on diminuerait la consommation d’énergie pour la cuisson d’un tiers. On diminuerait largement notre dépendance au gaz.
On peut vivre complètement low tech au quotidien ?
Il y a des gens qui l’ont expérimenté dans une tiny house pendant un an, et ils ont dit que c’est vrai un mode de vie. C’est un peu plus lent, plus adapté à l’environnement : le four solaire, s’il pleut, ça va être plus long pour faire chauffer. Pareil si on utilise une marmite norvégienne, il faut commencer la cuisson en avance.
Ça demande de revoir nos modes de vie quand même ?
Oui. Il faut savoir ce qu’on consomme et pourquoi on le consomme. Ce qu’on peut faire au quotidien, c’est éviter la surconsommation de ressources. Typiquement, dans votre métier, avec les caméras, vous n’allez pas avoir d’alternatives low tech. Mais dans l’usage quotidien, la plupart des gens ont besoin d’un poste standard, pour pouvoir faire de la rédaction, aller sur internet, écouter de la musique, etc. On peut très bien se contenter d’un petit ordinateur de réemploi pour répondre à ce besoin.
Est-ce que les low tech aident à lutter contre l’obsolescence psychologique ?
Oui, puisque la base c’est de réfléchir à nos objets. Réfléchir au strict minimum dont on a besoin; et pourvoir à ces besoins avec les ressources les moins coûteuses pour l’environnement. Dans la philosophie, c’est aussi de pouvoir utiliser un appareil le plus longtemps possible, de pouvoir le réparer facilement. Et si votre objet est low tech, il est parfaitement réparable.