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Vendredi 3 novembre 2017
par Léa DUCRÉ et Benjamin Hoguet
Léa DUCRÉ
Journaliste, chef de projet et auteur : ma passion pour le reportage, l'enquête, la narration et les nouveaux médias s'exprime sous différentes formes. J'ai écrit pour des journaux en France (Le Monde Diplomatique, Neon, Libération, La Croix, Marianne, Politis, National Geographic et le Monde des Religions) et à l'étranger (le Courrier du Vietnam et L'Orient Le Jour). Je me spécialise désormais dans le secteur des nouvelles écritures au sein de la société de production interactive Upian.
Benjamin Hoguet
L’intersection entre narration et interaction a toujours été ma plus tenace passion. J’y consacre tout mon temps, que ce soit à travers mes projets ou l’animation d’une communauté que j’espère chaque jour plus forte.

Le road-trip à vélo continue ! Après l’abeille, nos deux auteurs débarquent dans le Pays-Basque. Ici, l’eusko est une monnaie locale particulièrement active, la première de France. Une véritable alternative à l’euro ?

Notre route des alternatives monétaires marque son troisième arrêt à Saint-Jean-de-Luz. Après l’abeille, nous roulons sur la piste d’une autre monnaie locale : l’eusko (prononcez éouchko pour ne pas écorcher les oreilles de nos amis bascophones). Directement inspiré de l’exemple lot-et-garonnais, un groupe de citoyens décide à l’été 2011 de fonder une monnaie propre au Pays basque Nord — comprenez, côté français.

Ses concepteurs cherchaient notamment à renforcer les liens entre la côte, plutôt urbaine, et l’intérieur des terres, plus rural. Dante Edme-Sanjurjo, président de l’association Euskal Moneta, se souvient de cette genèse pleine d’enthousiasme : « Ce sont deux mondes qui se côtoient et qui ont encore besoin de travailler ensemble. Si la monnaie locale peut mettre en relation les producteurs de l’intérieur avec les restaurateurs de la côte, c’est intéressant ! »

L’euskokart est une carte de paiement sans contact qui simplifie grandement la logistique du passage à la monnaie locale.

Tout le monde est consulté et bienvenu. « On a rapidement souhaité mélanger les gens : les écolos, les défenseurs de la langue basque, les commerçants… » se rappelle Dante. Les plus motivés se fondent en comité de pilotage, ils font des voyages d’études auprès d’autres monnaies locales existantes, ils deviennent des spécialistes du sujet et exposent leur vision lors de plusieurs consultations citoyennes. Même le nom de la monnaie est issu d’un vote populaire. Ce sera eusko, un adjectif qui signifie tout simplement « basque » en langue euskara.

Fort d’une grosse vingtaine de bénévoles, de 192 commerçants et 800 particuliers adhérents, la monnaie locale complémentaire basque est mise en circulation le 31 janvier 2013, avec des billets d’une valeur totale de 343 538 euskos.

Des euros contre de l'eusko
Des euros contre de l’eusko ! — Gif Benjamin Hoguet

Quatre ans plus tard, le nombre d’adhérents a triplé et certains bénévoles sont devenus salariés. Un succès fulgurant qui fait de l’Eusko la troisième monnaie locale la plus importante en Europe, et la première Française.

Egun on !

Nous retrouvons l’une de ces anciennes bénévoles, Ainize — deux grands yeux noisette et des pommettes hautes qui respirent la joie de vivre — qui travaille désormais à plein temps pour l’association Euskal Moneta. Elle s’apprête à faire sa tournée chez quelques commerçants de son secteur, histoire de prendre des nouvelles et faire le point avec eux. Sur la route, elle nous rappelle qu’avant l’euro, il y avait déjà deux monnaies au Pays basque : le franc et la peseta. Cela expliquerait-il en partie son succès fulgurant ?

Nous arrivons chez Philippe, quincaillier à Urrugne. « Egun on ! ». Bonjour, en basque. Nous essayons de faire bonne figure, mais nous devons vite avouer, piteusement, ne pas parler la langue… Nos hôtes passent au français de bonne grâce même s’ils ne pourront pas s’empêcher régulièrement de revenir à leur langue de cœur. Nous ne savons pas encore à quel point le basque et l’Eusko sont liés, mais nous allons bientôt le découvrir.

La quincaillerie de Philippe
Petit tour à la quincaillerie de Philippe — Gif Benjamin Hoguet

Pour le moment, Ainize essaie de convaincre Philippe de passer à l’eusko numérique, la grande nouveauté du moment ! En plus des billets, il sera désormais possible de payer en euskokart, une carte de paiement sans contact qui simplifie grandement la logistique du passage à la monnaie locale. Mais Philippe temporise, il est aujourd’hui plus intéressé par son besoin d’écouler ses eusko.

« On est victimes du succès des paiements en eusko », assure Philippe. Il a besoin de nouveaux fournisseurs auprès desquels dépenser ses billets locaux. Il a son œil sur un fabricant de boîtes de conserve du coin dont il revend les produits. Ainize s’engage à aller lui parler pour le convaincre d’accepter l’eusko, et ainsi renforcer le réseau.

Philippe l’assure : « à qualité égale, je pourrai changer de fournisseur pour favoriser celui qui accepte les eusko. Quitte à payer un peu plus, même. Ça veut dire qu’il y a des valeurs derrière ! Ça peut déboucher sur des relations beaucoup plus amicales, parler en basque et être plus souple. On instaure un climat de confiance, c’est très différent. »

Philippe favorise l’eusko — Gif Benjamin Hoguet

Philippe règle sa cotisation annuelle et fait le bilan de ses « défis ». Pour adhérer à l’eusko, les commerçants doivent remplir l’un ou l’autre des deux défis proposés : soit des engagements environnementaux (pratiquer le tri des déchets, réduire l’utilisation de produits nocifs…), soit des mesures en faveur de la langue basque, comme le double affichage dans les rayonnages par exemple.

De prime abord, nous avons trouvé curieuse cette association entre l’eusko et le basque. Ne serait-ce pas même mettre une monnaie locale au service de revendications indépendantistes ? Mais nous réalisons en fait que tous deux — monnaies comme langue — sont des moyens d’échange qui visent à renforcer les liens au sein d’une même communauté.

Le tour du circuit

La plus belle illustration de ce lien, nous l’avons trouvée à Bayonne, notre prochaine étape. Nous avons quitté Ainize après un délicieux repas sur les hauteurs de Saint-Jean-de-Luz — payé en eusko rassurez-vous, nous tenons notre défi jusqu’à là !

À Bayonne, nous prenons davantage la mesure de l’importance de l’offre payable en eusko. Quelques centaines de mètres suffisent pour trouver un comptoir d’échange, un bar-tabac tout en longueur et particulièrement animé. Le gérant a l’habitude, nous lui tendons cent euros, il nous rend la moitié en billets d’eusko et charge le reste sur notre euskokart flambant neuve.

Dans les rues les plus commerçantes de la capitale économique basque, il nous semble que tout s’offre à nous : épiceries, restaurants, bars, pharmacie… Mais aussi bijoutier, garagiste, salle de spectacle, coiffeur, esthéticien, pépinière et ostéopathe (entre autres) !

On peut (presque) tout acheter en eusko ici
On peut (presque) tout acheter en eusko ici — Gif Benjamin Hoguet

Nous arrivons à la librairie Elkar, véritable institution dans la région, dont le gérant est apparemment un fervent défenseur de l’eusko. Nous trouvons Peio d’Uhalt et son indéfectible sourire à côté du rayon des livres en langue basque, y compris une traduction « maison » de Harry Potter.

Pour lui, l’eusko a été une évidence, une arme de plus pour défendre le Pays basque, son économie, sa culture et sa langue. « Nous sommes un des acteurs qui en reçoivent le plus. Nous arrivons à les écouler en partie auprès de certaines maisons d’éditions locales qui prennent l’eusko. Nous payons aussi une partie des salaires en eusko. Nous avons aussi changé nos fournisseurs en fonction de ça, comme une entreprise de nettoyage. »

Peio d’Uhalt, libraire
Peio d’Uhalt, libraire — Gif Benjamin Hoguet

L’entreprise de nettoyage, c’est celle de Cyrille Laiguillon, quarantenaire à la bonne humeur presque exubérante. Nous le rencontrons dans un café attenant à l’Hôtel de Ville de Bayonne, avec cette sensation exaltante de remonter une filière, de faire le tour du circuit monétaire qu’a engendré l’eusko.

Cyrille sait que son adhésion à la monnaie basque lui a apporté des clients. Il estime que grâce à elle, il peut payer un mi-temps supplémentaire et régulièrement, après une bonne journée, il donne des primes en eusko à ses employés. Mais pour lui, tout cela dépasse l’aspect purement financier.

« L’histoire du Pays basque, » déclame-t-il avec enthousiasme, « est très ancienne, avec des valeurs et des coutumes. Nous vivons une époque importante. Nous passons un cap avec l’EPCI (l’intercommunalité unique qui regroupe les 158 communes du Pays basque, ndla), avec le désarmement de l’ETA… Et l’eusko fait partie de cette histoire. »

Cyrille a gagné des clients grâce à l’eusko
Cyrille a gagné des clients grâce à l’eusko — Gif Benjamin Hoguet

Élu municipal, Cyril s’active aussi pour que la Mairie accepte les paiements en eusko dans davantage de régies. « À la Mairie de Bayonne, on copie ce qu’ont fait Hendaye et Ustaritz. Dans l’agglomération, ça commence à prendre. Les frontières tombent, il faut aller de l’avant ! »

C’est ce que nous confirme Dante Edme-Sanjurjo, président de l’association Euskal Moneta : « Toute monnaie repose sur la confiance. Si les gens commencent à penser que l’eusko n’est pas sérieux, ils vont être réticents. C’est à ce niveau que les collectivités ont un rôle à jouer. Elles apportent immédiatement de la confiance. »

Le paradis de Dante

Nous retrouvons Dante dans ce qu’il appelle sa cantine, un restaurant traditionnel situé juste en face des locaux de l’association. Le patron nous accoste presque aussitôt et fait l’éloge de l’eusko : « Moi, tout ce qui est local je prends ! ».

Dante se remémore avec détails et nostalgie les premiers temps de ce projet si important pour lui et sa région. Nous nous amusons de son soulagement lorsqu’il se rappelle que la monnaie a failli s’appeler ttantto (prononcez tiantio), longtemps en tête du vote populaire tenu en septembre 2012. « Nous l’aurions accepté, c’est le jeu de la démocratie, mais à la fin on était soulagés que ce soit eusko ».

Le président de l’association Euskal Moneta — Gif Benjamin Hoguet
Le président de l’association Euskal Moneta — Gif Benjamin Hoguet

Lorsqu’il nous demande comment se passe notre défi de ne fonctionner qu’avec des eusko, nous ne pouvons pas vraiment prétendre qu’il s’avère difficile… Consommer en eusko à Bayonne est tout ce qu’il y a de plus simple. Nous partageons notre impression de contraste avec nos expériences de l’abeille dans le Lot-et-Garonne.

La différence fondamentale entre les deux monnaies, c’est le soin apporté à la qualité de l’expérience des usagers. Là où les responsables de l’abeille nous disaient en substance que « si les gens sont motivés, ils feront l’effort », la logique semble presque inversée ici.

L’eusko, par exemple, ne perd pas de valeur au fil du temps, ce n’est pas une « monnaie fondante », au contraire de l’abeille, qui cherche ainsi à favoriser la circulation. « Au début, la fonte semblait évidente parce que toutes les autres monnaies le faisaient. Mais dans les présentations publiques, c’était le truc qui bloquait. » L’idée est alors abandonnée, d’autant plus que certaines études montraient que les associations avaient le plus grand mal à appliquer la fonte.

Une réalité désormais virtuelle

Savoir écouter ses utilisateurs pour améliorer leur expérience est une dynamique qui s’est poursuivie jusqu’à aujourd’hui, avec le lancement de l’eusko numérique et de sa carte de paiement. On pourrait croire qu’il s’agit d’une simple transition technologique, mais le passage à la monnaie virtuelle représente en réalité une petite révolution juridique.

Hervé Pillard, avocat spécialiste du droit du financement, explique ainsi que l’eusko « est alors classé juridiquement dans le domaine des services de paiement et de la monnaie électronique, deux domaines complexes et mouvants. » Pour simplifier, là où les billets d’eusko fonctionnent comme des Tickets restaurant, l’eusko numérique s’apparente davantage à des services en ligne comme PayPal. En permettant la circulation d’une monnaie virtuelle, elle permettrait en théorie de se passer d’un compte en banque !

Acheter son fromage avec des eusko
Acheter son fromage avec des eusko — Photo : Benjamin Hoguet

L’association se sort de cet imbroglio juridique et technique et déploie depuis février 2017 ses petits terminaux de paiement chez les commerçants les plus motivés. Notre restaurant fait partie des premiers équipés alors même si le repas est délicieux, nous sommes tout de même impatients du moment de l’addition…

Dante nous dévoile un bienfait inattendu de l’eusko numérique : la possibilité d’émettre des prêts solidaires. Le principe est simple ; il s’agit de mobiliser l’argent déversé sur les comptes virtuels des usagers via la Caisse Solidaire, dépositaire de ces fonds, et son partenaire local, le fonds d’investissement solidaire Herrikoa. « À chaque fois que vous changez cent euros numériques, cela développe une capacité de prêt sur le territoire de cent euros. Donc plus le numérique va grossir, plus il y aura des possibilités de prêts. » Les projets financés vont nécessairement respecter les valeurs défendues par l’eusko : économie locale et réelle, action sociale et solidaire…

Les sommes prêtées sont bien sûr en euros, nous sommes encore loin du jour où nous pourrons imaginer des prêts en monnaie locale… Même si le scénario semble alléchant, comme l’illustre Jérôme Blanc, économiste à l’Université Lumière Lyon 2 : « L’un des enjeux actuels pour les monnaies locales, c’est de basculer vers des dépenses d’investissement. Les monnaies locales en France ne sont utilisées que pour des dépenses de consommation. Si elles parvenaient à financer le développement d’activité, elles pourraient peser davantage. On pourrait peut-être envisager de créer un fond qui soutiendrait les emprunts auprès des particuliers. Sans remplacer le circuit bancaire, ce dispositif pourrait le compléter en bonifiant les emprunts accordés par une somme allouée en monnaie locale. »

Fascinant : nous payons notre repas en eusko numérique et, indirectement, nous avons peut-être — et modestement — contribué à l’éclosion d’un projet solidaire à quelques kilomètres d’ici. Le patron dégaine le terminal de paiement, nous tendons la carte. Un bip, un code pin, et voilà.

Euskoa denen esku

La route n’est pas encore terminée pour l’eusko. Devenue en peu de temps la plus importante monnaie locale française — et la troisième à l’échelle européenne — elle joue son rôle de porte-étendard des alternatives monétaires et continue de se développer.

Pour devenir pérenne, il lui faut encore trouver de nouveaux commerçants, de nouveaux utilisateurs qui dégainent leur euskokart plutôt que leur Master Card.

Le terminal de paiement — Gif : Benjamin Hoguet
Le terminal de paiement — Gif : Benjamin Hoguet

Et pourquoi ne pas se tourner vers le Pays basque sud (espagnol) ? La monnaie locale dépasserait alors les frontières nationales ! « C’est envisageable, mais il faut que ça vienne d’eux », tempère Dante. Encore et toujours, nous y revenons : sans l’implication de citoyens motivés, tout cela n’existerait pas.

« Euskoa denen esku », dit d’ailleurs la devise. « L’eusko dans les mains de tout le monde. » Qui aurait cru qu’une petite association puisse un jour développer sa propre monnaie virtuelle, affranchissant ainsi ses usagers d’un quelconque compte en banque !

Cela nous conduit à d’autres initiatives similaires, où un argent dématérialisé parvient à grandement influencer le monde réel. Nous reprenons la route en direction de Bordeaux pour y rencontrer les adeptes du bitcoin et autres monnaies virtuelles. Non sans dépenser nos derniers eusko dans un magasin de jeux de société…

Léa DUCRÉ
Journaliste, chef de projet et auteur : ma passion pour le reportage, l'enquête, la narration et les nouveaux médias s'exprime sous différentes formes. J'ai écrit pour des journaux en France (Le Monde Diplomatique, Neon, Libération, La Croix, Marianne, Politis, National Geographic et le Monde des Religions) et à l'étranger (le Courrier du Vietnam et L'Orient Le Jour). Je me spécialise désormais dans le secteur des nouvelles écritures au sein de la société de production interactive Upian.
Benjamin Hoguet
L’intersection entre narration et interaction a toujours été ma plus tenace passion. J’y consacre tout mon temps, que ce soit à travers mes projets ou l’animation d’une communauté que j’espère chaque jour plus forte.
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