Épisode 5
8 minutes de lecture
Article réservé aux abonné.e.s


Mardi 18 mai 2021
par Sevan Hosebian-Vartanian
Sevan Hosebian-Vartanian
Originaire de la Drôme, Sevan Hosebian-Vartanian a rejoint le Sud-Ouest pour intégrer l'Institut de journalisme Bordeaux Aquitaine (Ijba) en 2019. En alternance à Far Ouest pour l'année, ses sujets de prédilection sont les problématiques sociétales et les questions religieuses.

Dans une autre vie, Emmanuelle Douriez-Nicou souffrait, sans le savoir, de bipolarité. Aujourd’hui « rétablie », elle a choisi de parler de ses troubles pour soigner ceux des autres. Depuis octobre, à l’hôpital Charles Perrens de Bordeaux, elle endosse le rôle de médiatrice de santé-paire, à mi-chemin entre le médecin et le patient.

Découvrez la boutique
Revue Far Ouest

Revues papiers • Abonnements

Boutique

Quand le diagnostic tombe en 2002, Emmanuelle Douriez-Nicou a 36 ans : elle a un trouble bipolaire, comme 1 à 2,5 % de la population française. Après plusieurs décennies d’errance médicale, un parcours thérapeutique adapté peut commencer pour Emmanuelle. Un parcours du combattant plutôt, qui, loin de lui faire baisser les bras, l’a poussée à devenir pair-aidante professionnelle. Aujourd’hui, Emmanuelle est la première médiatrice de santé-paire professionnelle du centre hospitalier Charles Perrens. Elle utilise son expérience personnelle et la formation acquise sur le sujet pour aider ses « pairs », et leur permettre, comme elle, de renouer avec la vie.

Un long parcours jusqu’au diagnostic

Depuis l’adolescence, Emmanuelle Douriez-Nicou souffre d’un trouble psychique. Une dépression, pensent les médecins. Elle suit alors une psychanalyse pendant une vingtaine d’années. En 1984, alors qu’elle est adolescente, Emmanuelle quitte les Deux-Sèvres et rejoint Poitiers pour rentrer en faculté de droit. « Un autre monde » pour celle dont les parents n’ont pas fait d’études supérieures ni obtenu le baccalauréat. « Je ne m’y sentais pas à ma place ».

Mais elle s’accroche. En 4e année, elle est même major de sa promotion. Elle sort de l’Université de Poitiers avec un DESS en droit des affaires en poche. En mai 1993, à 26 ans, elle prête serment alors qu’elle attend un de ses fils.

Emmanuelle en tenue de juriste dans les années 1990
Emmanuelle réussit haut la main ses études de droit des affaires.

Une vie qui est loin d’être un long fleuve tranquille, en raison de ses troubles. En 1989, cette Niortaise de naissance s’installe à Bordeaux avec son mari, le père de ses deux fils. Les années passent, puis les décennies. Mais la maladie la rattrape. La pression est trop forte. Son hyperréactivité émotionnelle aussi.

Un beau jour de 2002, sa situation psychique s’aggrave encore plus : elle connaît ce que l’on appelle une phase maniaque ou euphorique. Sentiment d’invincibilité, prise de risque élevée, hyperactivité, hyperréactivité émotionnelle… Pour Emmanuelle, direction alors le centre hospitalier psychiatrique Charles Perrens de Bordeaux.

Cet article est réservé aux abonnés. Déjà abonné ? Se connecter


Soutenez Revue Far Ouest !

Nous avons besoin de 1 000 nouvelles souscriptions pour continuer à exister.

Découvrir nos offres d’abonnement
Sevan Hosebian-Vartanian
Originaire de la Drôme, Sevan Hosebian-Vartanian a rejoint le Sud-Ouest pour intégrer l'Institut de journalisme Bordeaux Aquitaine (Ijba) en 2019. En alternance à Far Ouest pour l'année, ses sujets de prédilection sont les problématiques sociétales et les questions religieuses.
Dans le même feuilleton

Bipolarité : déclic et tes claques

Alors que s’ouvre à Saujon (Charente-Maritime) le premier centre français entièrement dédié à la bipolarité, Gabriel et Laura commencent à se pencher sur cette psychopathologie...

Personnes bipolaires : l'avis des autres

S’insérer socialement ou professionnellement n’est pas aisé pour des personnes bipolaires. Mais cette maladie peut aussi être un fardeau pour leurs proches. Laura et Gabriel...

Cyclothimie : déclinez votre identité

La bipolarité est complexe à détecter et à traiter, car elle se manifeste différemment chez chacun. Au terme de leurs recherches, Gabriel et Laura découvrent la cyclothymie et...

Victimes collatérales

Nikolas est bipolaire. Son compagnon Philippe, et sa soeur Chrystelle, tentent de l’accompagner tant bien que mal dans la maladie. Mais qui les accompagne, eux ? Tour à tour...

Santé mentale : aider ses pairs à s’en sortir

Dans une autre vie, Emmanuelle Douriez-Nicou souffrait, sans le savoir, de bipolarité. Aujourd’hui « rétablie », elle a choisi de parler de ses troubles pour soigner ceux des...

Ces épisodes pourraient vous intéresser
Battre Monnaie

L'abeille et le singe qui fume

L'abeille et le singe qui fume

Armés de leur bonne volonté et de leur vélo, Léa et Benjamin se lancent dans un road-trip « zéro euro ». Premier arrêt :le Lot-et-Garonne et sa monnaie locale l’abeille !
Contagions Chroniques

Pour les autres

Pour les autres

La crise du coronavirus a mis en lumière des dizaines de métiers jusqu’alors relativement invisibilisés. Comme si, soudain, le monde prenait conscience de leur importance de...
Soutenez Revue Far Ouest !

Nous avons besoin de 1 000 nouvelles souscriptions pour continuer à exister.

Découvrir nos offres d’abonnement