Ringard, campagnard, peu crédible… l’accent régional traîne une réputation qu’il ne mérite pas. Pourtant, la neuroscience le dit clairement : votre est un outil de cohésion. Depuis Mont-de-Marsan, Chandrou Koumar retourne le stigmate.
Aujourd’hui, on entend quasiment aucun accent régional dans les médias. Pourtant, jusque dans les années 1970, les accents régionaux étaient la norme. Ou en tout cas ils étaient acceptés. Puis ils sont relégués dans les médias au statut de trucs drôles ou légers, comme le sport. Pour être crédible et respectable, il faut abandonner sa façon de parler jugée campagnarde. Il faut bien parler avec un accent… mais avec l’accent parisien !
Selon un sondage IFOP de 2020, un français sur deux a été victime de discrimination lors d’un concours, d’un examen ou d’un entretien d’embauche, etc., à cause de leur accent.
Pourtant, les accents sont loin d’être un handicap dans l’évolution humaine. Bien au contraire ! Et c’est Chandrou, notre docteur en neuroscience, qui va nous expliquer ça depuis Mont-de-Marsan !
Un sujet tiré de l’émission PopEx « Les langues locales font de la résistance » (France 3 Nouvelle-Aquitaine), incarné par Chandrou Koumar.
Accent régional : ce que la neuroscience dit de ce qu’on vous a appris à cacher
Mont-de-Marsan est le lieu parfait pour s’interroger sur nos accents. Et d’ailleurs, d’où vient l’accent landais ? Comme tous les autres : c’est un reste des langues et patois régionaux. On parle le français, mais avec la prononciation et les accentuations de son patois local d’origine, même si on ne l’a jamais connu.
S’il n’existe pas de « gène » de l’accent montois, il se loge bel et bien dans notre cerveau. À force d’entendre la prononciation des gens qui nous entourent depuis notre plus tendre enfance, le cerveau l’assimile. Mais ce n’est pas tout !

L’accent resserre les liens entre celles et ceux qui se reconnaissent. Il permet de coopérer avec encore plus d’efficacité, parce qu’on se sent appartenir à une communauté. Les accents locaux permettent à ceux qui le partagent d’être encore plus soudés. Et cela révèle un aspect fondamental de l’être humain : notre espèce est basée sur la collaboration. Face à des animaux qui ont des griffes ou des dents acérées, face à une montagne ou un désert à traverser, seule l’union fait la force. C’est bien pour ça que l’évolution nous a permis de développer le langage.
Grâce au langage et à la communication, nous pouvons mettre en place des stratégies de coopération plutôt efficaces. Notre cerveau est câblé pour que nous ayons envie de nous parler, encore plus dans notre communauté. L’accent rajoute donc un facteur de cohésion permettant de se reconnaître et de se faire confiance plus facilement.