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Mercredi 21 février 2018
par Gabriel TAÏEB et Laura Brunet
Gabriel TAÏEB
Jeune journaliste pigiste et rédacteur web, je travaille notamment pour Objectif Méditerranée, les Mots de Mai et le Journal du Dimanche. Avant cela, j'ai aussi pu collaborer avec Radio Campus Bordeaux et Bordeaux Gazette. Travaillant sur des sujets très divers, je m'intéresse particulièrement aux domaines de la santé, de l'autoritarisme et de la culture culinaire.
Laura Brunet
Jeune journaliste rédactrice,  elle jongle entre ses études de journalisme, des piges en freelance et un travail d’édition à Sud Ouest Dimanche. Passionnée par les portraits et les histoires de vie, elle travaille notamment sur des sujets santé et société .

S’insérer socialement ou professionnellement n’est pas aisé pour des personnes bipolaires. Mais cette maladie peut aussi être un fardeau pour leurs proches. Laura et Gabriel questionnent ce rapport à l’autre, toujours sur le chemin de la découverte de la bipolarité.

Les gens m’effraient. J’ai régulièrement besoin de m’isoler. Se sociabiliser, être à l’aise en groupe, a toujours été un défi plus qu’une nature chez moi. Et pourtant, la solitude m’effraie aussi. Je m’oblige à voir des gens. Si je ne suis pas stimulé, je perds pied. Mais l’enfer, pour moi, c’est souvent les autres.

Cela fait maintenant quelques semaines que je m’intéresse à la bipolarité avec Laura, afin de comprendre cette maladie complexe. En parallèle, je me pose toujours autant de questions sur mon expérience personnelle. Alors que nos recherches et nos rencontres se poursuivent, je lui fais part de mes interrogations. L’anxiété sociale est très répandue parmi les personnes atteintes de troubles de l’humeur et en lien étroit avec ceux-ci. Mais l’auto-diagnostic de la bipolarité peut être dangereux, il faut être prudent et prendre garde à ne pas adopter un traitement ou bousculer ses habitudes sans avis médical.

Laura constate que toutes ces histoires ne me laissent pas de marbre et me propose d’aller à la rencontre de Manon, la copine de Thomas, que nous avions pu rencontrer précédemment. Celle-ci peut nous apporter un nouveau regard sur la pathologie de son compagnon : celui des proches qui doivent composer avec les humeurs instables de ceux qu’ils aiment.

« Je suis encore en train de comprendre comment il fonctionne après 5 ans de relation. Au début je le laissais seul et je l’ignorais quand il était méchant ou en phase de dépression. Mais ce qu’il faut c’est être à l’écoute, même s’il répète les mêmes choses et se focalise sur les injustices autour de lui. » Manon nous explique qu’elle occupe aussi dans son couple un rôle thérapeutique, qui n’est pas toujours simple à remplir. « Je pense que je suis peut-être un socle pour lui. Tu souffres avec lui, mais tu peux comprendre ses douleurs et il faut être un peu plus solide. Si tu ignores sa dépression, c’est pire. La dépression se déclenche quand il se sent oublié. » Pour elle, ce qui caractérise le plus la maladie de Thomas est son hypersensibilité et ses obsessions.

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Gabriel TAÏEB
Jeune journaliste pigiste et rédacteur web, je travaille notamment pour Objectif Méditerranée, les Mots de Mai et le Journal du Dimanche. Avant cela, j'ai aussi pu collaborer avec Radio Campus Bordeaux et Bordeaux Gazette. Travaillant sur des sujets très divers, je m'intéresse particulièrement aux domaines de la santé, de l'autoritarisme et de la culture culinaire.
Laura Brunet
Jeune journaliste rédactrice,  elle jongle entre ses études de journalisme, des piges en freelance et un travail d’édition à Sud Ouest Dimanche. Passionnée par les portraits et les histoires de vie, elle travaille notamment sur des sujets santé et société .
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