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Jeudi 15 avril 2021
par Chloé RÉBILLARD
Chloé RÉBILLARD
Bretonne qui s’est volontairement exilée au Pays basque, Chloé a fait ses premiers pas de journaliste au sein de la rédaction de Sciences Humaines et a rencontré le Pays basque avec Mediabask. Désormais journaliste indépendante, elle travaille sur les questions de société et d’environnement. Elle est notamment correspondante pour Reporterre.

Un projet d’implantation d’une scierie géante à côté de Lannemezan (Hautes-Pyrénées — 65) a déclenché la colère des habitants. Dans une forêt qui a mis près de deux siècles à se remettre de l’extractivisme, il est envisagé de couper l’équivalent de 2200 terrains de football. Dans une Région qui subit de plein fouet le réchauffement climatique, les citoyens et citoyennes se mobilisent.

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Sous les chapes de brume automnale, des cimes aux couleurs de feu viennent lécher les nuages. La forêt des Pyrénées s’est parée de ses plus belles robes et offre une débauche de couleurs : passant du jaune au rouge avec des touches de vert là où les résineux résident.

C’est dans ce décor que, le 10 octobre 2020, près de 400 personnes se sont rejointes à Bagnères-de-Bigorre afin de protester contre l’implantation d’une méga-scierie, projet de la multinationale italienne Florian. Le même jour, quatre autres manifestations s’élançaient en divers lieux, le long du massif pyrénéen. Le lendemain, tous les participants étaient réunis à Capvern pour une manifestation commune. Au total, ces deux journées de mobilisation ont réuni plus de 2 000 personnes.

Un projet controversé

Soutenue par le maire de Lannemezan, Bernard Plano, la multinationale Florian a pour projet d’implanter une scierie de taille inédite sur le plateau afin d’exploiter les ressources en bois de la forêt des Pyrénées. Objectif : sortir 50 000 mètres cubes de bois d’œuvre par an. « Pour fournir ce volume, il faudrait couper un volume total de 400 000 à 550 000 m3 par an d’arbres, toutes qualités confondues. Cela représenterait 10 000 grumiers supplémentaires par an sur les routes et schématiquement l’équivalent de 2200 à 3000 stades de football chaque année », analyse le collectif « Touche pas à ma forêt », constitué en février 2020. Des volumes jugés bien trop importants au vu des ressources disponibles, qui pourraient pousser l’entreprise Florian à aller puiser jusqu’au sud du Massif central.

2000 personnes sont réunies pour lutter contre le projet de scierie — Photo : Chloé Rébillard
2000 personnes sont réunies pour lutter contre le projet de scierie — Photo : Chloé Rébillard

L’objectif affiché de revitaliser la filière bois n’a pas convaincu nombre d’habitants de la chaîne de montagnes, qui protestent contre la destruction des vieux arbres et le saccage de la forêt. Le projet, découvert par des élus lors d’une réunion du conseil communautaire du Plateau de Lannemezan (CCLP) fin 2019, tel qu’il est présenté actuellement, impliquerait une multiplication par deux, voire par trois, de l’exploitation forestière actuelle des Pyrénées. Une montagne de bois accusée de mettre à mal la forêt pyrénéenne.

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